Forum Social Mondial Cotonou 2026 du 04 au 08 Août
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CURRICULUMS NOIRS ET AFROFÉMINISME COMME FONDEMENTS DU BIEN VIVRE »

CTSU RDC 31 juillet 2026 Francais
La contribution des savoirs africains, des femmes africaines et du travail social à la contribution du bien vivre à travers l'éducation, l'autonomisation, la solidarité, la justice sociale et le développement humain durable 

EXPOSÉ DU CTSU-RDC AU FORUM SOCIAL MONDIAL COTONOU 2026

« CURRICULUMS NOIRS ET AFROFÉMINISME COMME FONDEMENTS DU BIEN VIVRE »

Par TEKASALA KIALA Jean-Grégoire

Secrétaire Général Exécutif National du Corps des Travailleurs Sociaux Unis de la République Démocratique du Congo (CTSU-RDC)

Monsieur le Modérateur,

Mesdames et Messieurs les organisateurs du Forum Social Mondial,

Honorables universitaires, chercheurs et enseignants,

Distingués représentants des mouvements sociaux,

Chers collègues travailleurs sociaux,

Chères participantes et chers participants,

Je vous adresse les salutations fraternelles du Corps des Travailleurs Sociaux Unis de la République Démocratique du Congo, le CTSU-RDC.

C'est pour moi un grand honneur de prendre la parole dans le cadre de cette conférence internationale consacrée au thème : « Curriculums noirs et afroféminisme comme fondements du Bien Vivre ».

Ce thème nous invite à réfléchir sur les savoirs africains, sur la place des femmes dans nos sociétés, sur la transmission de nos patrimoines culturels et sur les alternatives capables de renforcer le bien-être des populations.

En tant que travailleur social, enseignant et acteur communautaire, je souhaite apporter la voix des femmes, des enfants, des personnes vivant avec handicap, des peuples autochtones, des travailleurs sociaux et des communautés souvent oubliées des grands débats internationaux.

Le Bien Vivre, pour nous, n'est pas une théorie.

Le Bien Vivre est une réalité qui se construit chaque jour dans les familles, les villages, les écoles, les universités, les coopératives, les associations et les communautés.

C'est la possibilité pour chaque personne de vivre dans la dignité, d'avoir accès à l'éducation, à la santé, à l'alimentation, à la culture, à la protection sociale et à un environnement sain.

Mesdames et Messieurs,

Lorsque nous parlons des curriculums noirs, nous parlons de la reconnaissance des savoirs produits par les peuples africains.

Nous parlons de nos langues, de nos traditions, de nos expériences communautaires, de nos connaissances agricoles, environnementales, sociales et culturelles.

Pendant longtemps, une partie importante de ces savoirs a été ignorée ou insuffisamment valorisée.

Pourtant, les communautés africaines ont développé des mécanismes remarquables de solidarité, de médiation sociale, de protection mutuelle et de gestion durable des ressources naturelles.

Ces expériences doivent aujourd'hui trouver leur place dans l'enseignement, la recherche et la formation professionnelle.

Former les générations futures exige de reconnaître la richesse des connaissances africaines et leur contribution au patrimoine universel.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais rendre hommage à une femme exceptionnelle de l'histoire africaine : Kimpa Vita.

Son héritage nous rappelle qu'une femme africaine peut être porteuse d'une vision, d'un savoir et d'une capacité de mobilisation au service de sa communauté.

Elle demeure un symbole de courage, de leadership féminin et de cohésion sociale.

À travers elle, nous rendons hommage à toutes les femmes africaines qui, hier comme aujourd'hui, contribuent à l'éducation des enfants, à la transmission des valeurs, à la production agricole, à la préservation des cultures et à la stabilité des familles.

Je souhaite également rendre hommage à Paul Panda Farnana.

Son engagement en faveur de l'éducation, de la formation et de la dignité humaine demeure une source d'inspiration pour les travailleurs sociaux africains.

Il avait compris que l'accès au savoir constitue l'un des moyens les plus efficaces de lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Son héritage nous rappelle que l'investissement dans l'éducation est un investissement dans l'avenir des peuples.

Mesdames et Messieurs,

L'afroféminisme dont nous parlons aujourd'hui est profondément lié aux réalités africaines.

Il reconnaît les contributions des femmes africaines au développement social, économique et culturel.

Dans nos villages, nos villes et nos communautés, les femmes jouent un rôle essentiel.

Elles assurent la production alimentaire.

Elles soutiennent l'économie familiale.

Elles développent des activités génératrices de revenus.

Elles transmettent les savoirs traditionnels.

Elles prennent soin des enfants, des personnes âgées et des personnes vulnérables.

Elles participent activement à la vie communautaire.

Pourtant, elles continuent souvent à faire face à des obstacles dans l'accès à l'éducation, à la formation, à l'emploi, aux ressources économiques et aux responsabilités décisionnelles.

C'est pourquoi nous plaidons pour le renforcement de l'éducation des filles.

Nous plaidons pour l'accès des femmes à la formation professionnelle.

Nous plaidons pour leur autonomisation économique.

Nous plaidons pour l'égalité des chances.

Nous plaidons pour la valorisation de leurs compétences et de leur leadership.

Le développement durable de l'Afrique ne pourra être atteint sans la pleine participation des femmes.

Mesdames et Messieurs,

L'un des défis majeurs de notre époque est la souveraineté alimentaire.

Dans de nombreuses régions d'Afrique, les femmes constituent la principale force de production agricole.

Elles cultivent, récoltent, transforment et commercialisent les produits agricoles.

Elles préservent également des savoirs précieux liés aux semences locales, à la biodiversité et à l'alimentation.

Investir dans les femmes rurales, dans les coopératives agricoles, dans la formation et dans l'agroécologie constitue une stratégie essentielle pour renforcer la sécurité alimentaire et lutter contre la pauvreté.

C'est dans cette perspective que l'économie sociale et solidaire représente une opportunité majeure.

Les coopératives, les mutuelles, les associations et les initiatives communautaires permettent de créer des emplois, de renforcer les solidarités et d'améliorer les conditions de vie des populations.

L'économie sociale et solidaire place l'être humain au centre du développement.

Elle favorise le partage, la participation et la responsabilité collective.

Elle constitue un instrument concret du Bien Vivre.

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi également d'évoquer l'apport de Thomas Sankara à la réflexion sur le développement humain.

Au-delà des contextes historiques, son message sur la valorisation des ressources locales, la production nationale, l'autonomie économique et la souveraineté alimentaire demeure d'une grande actualité.

Il nous rappelle qu'un développement durable doit s'appuyer sur les capacités des communautés elles-mêmes.

Il nous rappelle également l'importance de la confiance dans les compétences des populations locales.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais également saluer la mémoire de Floribert Chebeya.

Son engagement en faveur de la dignité humaine nous rappelle que chaque personne mérite respect, considération et protection.

Pour les travailleurs sociaux, cette conviction constitue le fondement même de notre profession.

Aucune personne ne doit être laissée de côté.

Aucune communauté ne doit être oubliée.

Aucune vulnérabilité ne doit être ignorée.

Mesdames et Messieurs,

La République Démocratique du Congo possède d'immenses richesses naturelles.

Elle dispose d'abondantes ressources en eau.

Elle possède de vastes forêts.

Elle dispose d'importantes ressources minières.

Elle possède des millions d'hectares de terres arables.

Elle dispose également d'une population jeune et dynamique.

Cependant, nous sommes confrontés à une question fondamentale :

Comment faire en sorte que ces richesses contribuent davantage au bien-être des populations ?

Comment renforcer l'accès à l'éducation ?

Comment améliorer la protection sociale ?

Comment soutenir les familles vulnérables ?

Comment créer davantage d'emplois décents pour les jeunes ?

Comment promouvoir une croissance inclusive et durable ?

Ces questions concernent l'ensemble du continent africain.

Elles nécessitent des réponses fondées sur la connaissance, la solidarité, l'innovation sociale et la coopération internationale.

Mesdames et Messieurs,

Les travailleurs sociaux ont un rôle essentiel à jouer dans cette transformation.

Ils accompagnent les enfants vulnérables.

Ils soutiennent les femmes victimes de violences.

Ils interviennent auprès des personnes vivant avec handicap.

Ils travaillent avec les peuples autochtones.

Ils participent à la cohésion sociale et au développement communautaire.

Mais pour accomplir pleinement cette mission, ils ont besoin de formations adaptées, d'outils modernes et d'opportunités d'apprentissage continu.

C'est pourquoi le CTSU-RDC lance aujourd'hui un appel aux universités, aux centres de recherche, aux organisations professionnelles et aux partenaires techniques du monde entier.

Nous sollicitons le développement de partenariats académiques.

Nous encourageons la mise en place de programmes de stages pratiques.

Nous soutenons les échanges d'expériences entre professionnels.

Nous appelons à la création de réseaux de recherche en travail social africain.

Nous souhaitons renforcer les capacités techniques et scientifiques des travailleurs sociaux afin qu'ils puissent mieux répondre aux défis contemporains.

Mesdames et Messieurs,

Le Bien Vivre commence lorsqu'une fille a accès à l'école.

Le Bien Vivre commence lorsqu'une femme peut développer son activité économique.

Le Bien Vivre commence lorsqu'une personne vivant avec handicap est pleinement incluse dans la société.

Le Bien Vivre commence lorsqu'un peuple autochtone voit sa culture respectée et valorisée.

Le Bien Vivre commence lorsqu'un jeune trouve une perspective d'avenir.

Le Bien Vivre commence lorsqu'une communauté participe à son propre développement.

Depuis Cotonou, nous appelons à une alliance mondiale des savoirs, de la solidarité et de la dignité humaine.

Construisons ensemble des curriculums inclusifs, enracinés dans les réalités africaines et ouverts sur le monde.

Renforçons le rôle des femmes dans la transformation sociale et économique.

Investissons dans l'éducation, la recherche et la formation.

Soutenons l'économie sociale et solidaire.

Promouvons la souveraineté alimentaire.

Valorisons les cultures africaines.

Renforçons les capacités des travailleurs sociaux.

Ensemble, construisons le Bien Vivre pour toutes et pour tous.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Vive la solidarité entre les peuples !

Vive les femmes africaines !

Vive les travailleurs sociaux !

Vive le Forum Social Mondial !

Vive le Bien Vivre !