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Justice, souveraineté et libertés : les défis des militants panafricanistes en Afrique
6 Août 2026 - 10:00
Commission Nationale du Panafricanisme du Bénin (CNP-BENIN) lors du Forum Social Mondial de Cotonou 2026.La communication appelle à passer d'un panafricanisme théorique à un pragmatisme de combat, en affirmant que la rupture avec l'Occident ne doit jamais se faire au détriment des libertés des citoyens.1. Les trois piliers de l'émancipation africaine* La Justice : Elle doit être économique (redistribution des richesses), réparatrice (restitution des biens culturels) et locale (refus d'une justice internationale à deux vitesses).* La Souveraineté : Elle exige une autonomie globale : monétaire (fin du Franc CFA), militaire (départ des bases étrangères) et diplomatique (choix libre des partenaires).* Les Libertés : Elles lient le droit collectif à l'autodétermination des peuples au respect strict des droits individuels (expression, presse, manifestation). 2. Les pièges et défis majeurs actuels* Le souverainisme autoritaire : Le risque que certains régimes confisquent la rhétorique panafricaine pour masquer la répression interne.* L'instrumentalisation géopolitique : Le danger de se détacher de l'impérialisme occidental pour retomber sous la dépendance de nouvelles puissances (Russie, Chine).* La fragmentation continentale : Les tensions autour des projets monétaires, linguistiques et politiques (ex: bloc AES contre zone UEMOA ou CEDEAO) qui risquent de diviser le continent au lieu de l'unifier.En conclusion, la CNP-BENIN rappelle Le cas Kémi Séba et prouve que le panafricanisme ne peut plus se contenter de slogans. Tant que la quête de souveraineté des États ne marchera pas main dans la main avec la protection réelle de ses militants et la liberté de ses peuples, le continent restera vulnérable aux ingérences et aux déchirements internes. cpnbenin2025@gmail.com
I. Clarification Conceptuelle : Les trois piliers panafricains
1. La Justice
- Définition générale : Principe moral et juridique consistant à rendre à chacun son droit et à faire respecter l’équité.
- La triple dimension panafricaine :
- Justice économique et sociale : Redistribution équitable des richesses tirées des ressources naturelles au profit direct des populations africaines. Respect des droits pour l'accès à la Terre l'Eau et les Semences paysannes sans confiscation des politiques publiques.
- Justice transitionnelle et réparatrice : Restitution des biens culturels colonisés et obtention de réparations liées à l'histoire coloniale. Réécriture de l'histoire de nos pays et des contenus des cours d'histoire et de géographie à nos apprenantes des les écoles et les universités.
- Justice pénale internationale : Refus de l'instrumentalisation des tribunaux internationaux (comme la CPI, perçue comme une justice à deux vitesses) tout en exigeant des tribunaux locaux impartiaux pour juger les crimes de sang et économiques. Avoir confiance à la justice Souveraineté Africaine bâtie sur les réalités Africaines.
2. La Souveraineté
- Définition générale : Pouvoir suprême reconnu à l’État, impliquant l’exclusivité de sa compétence sur son territoire et son indépendance internationale.
- Les trois formes d'autonomie globale :
- Souveraineté monétaire et linguistique : Fin des monnaies de tutelle (comme le débat autour du Franc CFA), et de l'usage de la langue coloniale (comme le français dans les pays francophones.
- Souveraineté militaire : Rejet des bases militaires étrangères et des ingérences de sécurité extérieure au profit de solutions de défense endogènes. Urgence d'une industrialisation africaine. Rejet du développement du nucléaire ou des armes nucléaires aux fins de protection car les déchets deviennent encore plus dangereux.
- Souveraineté diplomatique et partenariale : Capacité de choisir librement ses alliés internationaux via la diversification des partenariats mondiaux. Faire des alliances bénéfiques pour l'avenir de la jeunesse et le développement responsable.
3. Les Libertés
- Définition générale : État d’une personne ou d’un peuple qui ne subit pas de contraintes extérieures, de domination politique ou d’oppression.
- Les deux niveaux de lutte :
- Liberté des peuples (autodétermination) : Droit collectif de l’Afrique de choisir son propre modèle politique, culturel et économique, loin des diktats occidentaux, des néocolonialistes ou des puissances émergentes.
- Libertés individuelles et civiques : Droits fondamentaux (expression, manifestation, presse) au sein des États, parfois menacés par les régimes en place, y compris ceux se réclamant souverainistes. Cas de Kémi Séba en Afrique du Sud. Une triste réalité qui plonge les gouvernants africains à une complicité du pouvoir contre un Individu.
II. Les défis majeurs des militants panafricanistes actuels
Les obstacles structurels et politiques actuels se concentrent autour de trois pièges majeurs :
- Le piège du souverainisme autoritaire : Le risque de voir des régimes autoritaires confisquer le discours panafricain pour justifier la répression des libertés locales et se maintenir au pouvoir. Plusieurs hommes politiques se déclarent Panafricaniste d'accord mais où sont les actes qui en témoignent ?
- L’instrumentalisation géopolitique : La difficulté de rejeter l’impérialisme occidental traditionnel sans tomber sous la dépendance d'autres puissances mondiales (Russie, Chine, etc.).
- Le passage à l’action concrète : L'impératif de transformer la rhétorique anti-impérialiste et l'émotion des réseaux sociaux en politiques publiques, en institutions solides et en projets d'intégration économique viables (comme la ZLECAF). l'AES devra devenir vraiment opérationnel pour prouver un réel sens du Panafricanisme en action. La coopération Stratégique avec des décisions courageuses comme la monnaie du Sahel, l'armée du Sahel, la langue du Sahel, etc. sont attendus.
III. Cas d'école et actualités récentes (Focus Sahel & Sénégal)
1. La reconfiguration de l’Alliance des États du Sahel (AES)
- Le fait : Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officialisé leur rupture avec la CEDEAO pour consolider l'AES. Ils ont chassé les troupes françaises et américaines pour affirmer leur souveraineté militaire.
- Le dilemme panafricaniste : Si la démarche incarne une volonté de rupture populaire face au néocolonialisme, les militants locaux dans la franchise ne doivent faire face à une forte restriction de l'espace civique ( arrestations sans justificatif, interdiction de manifester, etc.). De plus, le remplacement de l'influence occidentale par la le corps Africa Corps pourrait posé la question d'une nouvelle forme d'aliénation géopolitique. Nécessité d'une réflexion digne.
2. Le débat autour de la monnaie (Eco vs Franc CFA)
- Le fait : Les débats sur l'abandon du Franc CFA restent un point de crispation majeur entre les pays de l'Afrique et l'AES (qui évoquent la création d'une monnaie commune sahélienne) et les pays de la zone UEMOA (comme le Sénégal ou la Côte d'Ivoire).
- Le risque de fragmentation : Le panafricanisme se fragmente sous nos yeux. Est-ce que la jeunesse se retrouve dans ce sens ? Le défi actuel est d'éviter un panafricanisme à deux vitesses où la quête de souveraineté économique isole certaines régions au lieu de favoriser une intégration continentale globale.
3. Les transitions politiques et la liberté d’expression (Cas du Sénégal)
- Le fait : L'arrivée au pouvoir de deux figures issues d'une ligne souverainiste et panafricaine (incarnée par Bassirou Diomane Faye et Ousmane Sonko au Sénégal) a montré une transition par les urnes.
- Le défi de l'observation : Pour les militants, le défi est désormais d'observer si un pouvoir souverainiste parvient à réformer l'économie (renégociation des contrats miniers et pétroliers) tout en garantissant scrupuleusement la justice sociale et les libertés publiques, servant de contre-modèle aux régimes militaires. Malheureusement ce n'est pas le cas. Les deux sont dans deux postures opposés. Le peuple est lui de quel côté ? Qui des deux est donc dans l'action du Panafricanisme ? Le Panafricanisme n'a jamais travaillé pour des telles divergences si les parties prenantes étaient vraiment dans le bon sens.
IV. Citations clés pour la réflexion
- Sur la Justice : « Le panafricanisme n'est pas une simple coopération entre États, c'est l'expression de la justice sociale pour les masses africaines qui doivent posséder la terre et les ressources de leur continent. » — Kwame Nkrumah
- Sur la Souveraineté : « L'aide qui tue l'aide est celle qui nous vient d'ailleurs. Nous devons refuser de voir notre sécurité et notre destin dictés par des puissances étrangères. L'Afrique doit se suffire à elle-même. » — Thomas Sankara
- Sur les Libertés : « La liberté n'est pas quelque chose que l'on donne, c'est quelque chose que l'on prend. L'émancipation de l'Afrique sera totale lorsque chaque citoyen pourra penser et parler sans crainte de son propre gouvernement. » — Frantz Fanon
- Sur les Pièges du pouvoir : « Si nous ne prenons pas garde, les gouvernements post-coloniaux africains deviendront des instruments d'oppression pire que les colonisateurs eux-mêmes, cachant leur tyrannie derrière le drapeau de l'indépendance. » — Amilcar Cabral
Conclusion : Le message de la CNP-BENIN
Le panafricanisme du XXIe siècle doit s'éloigner de la posture romantique pour devenir un pragmatisme de combat. La rupture avec l’ancien colonisateur ne doit pas signifier l'emprisonnement des journalistes, le baillonnement de la jeunesse ou la soumission aveugle à de nouveaux maîtres géopolitiques. Pour que la trajectoire soit victorieuse, la souveraineté des États doit impérativement marcher main dans la main avec la liberté réelle des peuples. Justice Sociale, Souveraineté Monétaire, Linguistique, Militaire, Alimentaire, Technologique, Panafricanisme réaliste, Où en sommes-nous réellement...
cpnbenin2025@gmail.com
René Yomakou
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