La Carte d'égalité des Chances : la promesse et ses conditions de réussite
La Carte
d'égalité des Chances délivrée au Bénin depuis Décembre 2024, est saluée comme
une avancée majeure dans la reconnaissance officielle du handicap. Ø Promesse et
avantages
Au-delà
du symbole, la carte répond à un enjeu concret : permettre aux personnes
handicapées d'accéder à des mesures préférentielles que sont :
Reconnaissance officielle : La carte atteste légalement
du statut de la personne et de son type de handicap.
Accès prioritaire : Elle offre des facilités
pour les services sociaux de base (exonérations, aménagements scolaires, bourses aux etudiant.es
handicapé.es, priorité dans les concours et l'administration,
autonomisation financière à travers le soutien à l’entrepreneuriat et
l’accès facilité au crédit), et les démarches administratives.
Insertion ciblée : Elle sert de levier pour
l'éducation, la formation et l'obtention d'opportunités d'emploi.
Ø Conditions de
réussite
Dossier complet : Le demandeur doit fournir
un certificat médical d'un médecin agréé, une attestation de résidence et
une fiche d'identification du centre de promotion sociale. Collaboration institutionnelle : La délivrance par le
Ministère de la Famille et de l’Action Sociale implique l'Agence Nationale
d’Identification des Personnes pour l'identification. Volonté partenariale : Impliquer les associations
et les structures locales garantit une meilleure répartition de la carte.
Ø Défis identifiés sur le terrain
Le bilan
chiffré du lancement reste en deçà des besoins estimés sur l'ensemble du
territoire, le quota des 5000 cartes initialement défini par l’Etat en 2023 peine
à être atteint. L'écart entre ce bilan et l'ampleur réelle des besoins
s'explique par plusieurs facteurs convergents :
v Accessibilité physique : L'absence d'infrastructures
adaptées (rampes, transports publics) limite l'effet réel de la mesure. La délivrance des pièces constitutives du dossier de
demande de la carte d’égalité des chances est souvent inaccessible et
stressante pour les demandeurs. o
Exemple :
Le certificat de résidence ; le certificat médical à être délivré par un
médecin agréé. v
Absence de pièces d’état civil : le faible taux de personnes handicapées détenant leurs
pièces d’état civil, un accompagnement inégal des demandeurs au niveau de
certains Guichets Uniques de Protection Sociale.
v Suivi et application : Assurer l'acceptation effective
des avantages par tous les prestataires publics et privés reste un combat
quotidien.
v Résistances et mentalités : L'utilisation de la carte se
heurte encore aux préjugés et à la stigmatisation sur le terrain.
v Pauvreté :
La pauvreté et le manque de moyens des familles constituent également un frein
à l’établissement de la carte d’égalité des chances aux personnes handicapées.
Ø Contributions de
l’ONG Droits et
Dignité des Femmes Handicapées (2DFH)
Mais
entre l'ambition du dispositif et sa mise en œuvre sur le terrain, plusieurs
écarts subsistent.
C’est ce que révèle l'expérience accumulée par l'ONG Droits
et Dignité des Femmes Handicapées (2DFH) à travers ses sessions
d'accompagnement, menées dans seize (16) communes du pays : Abomey-Calavi,
Cotonou, Dangbo, Pobè, Sakété, Ifangni, Kpomassè, Ouidah, Zè et Allada dans le
sud, Savè, Savalou et Glazoué au centre, Parakou, Nikki et Natitingou au nord
pour deux cent huit (208) bénéficiaires. Ce travail de terrain s'appuie
sur le soutien de plusieurs partenaires, dont Sightsavers, la Fédération des
Associations de Personnes Handicapées du Bénin (FAPHB), HanVu ONG, le projet
WURI Bénin et l'Agence Nationale d’Identification Personnelle (ANIP). Ø Perspectives
Du
côté de l'État, un engagement croissant en faveur de l'inclusion des personnes
handicapées est perceptible à travers l'adoption d'un cadre juridique et
réglementaire plus favorable, la mise en place de la Carte d'égalité des
Chances ainsi que le développement progressif de dispositifs d'inclusion
sociale et économique. Ces avancées témoignent d'une volonté politique réelle. Toutefois,
au regard des réalités vécues, 2DFH
ONG estime que ces engagements doivent être davantage traduits
en actions concrètes et coordonnées. Cela suppose notamment de renforcer la
veille citoyenne sur l'application effective des droits, d'intégrer
systématiquement le handicap dans les politiques et plans de développement
locaux, d'améliorer l'accessibilité des infrastructures et des services
publics, de promouvoir l'emploi et l'inclusion économique, de veiller au
respect des normes d'accessibilité universelle et de favoriser une
participation effective des personnes handicapées aux instances de concertation
et de décision. « La carte est une promesse. Sa mise en œuvre doit tenir cette
promesse, partout et pour toutes les personnes handicapées. »
ENSEMBLE,
mobilisons-nous avec 2dfh ONG
autour de l’objectif :
« ZERO
PERSONNE HANDICAPEE SANS CARTE D’EGALITE DES CHANCES D’ICI 2033 »
C’est le message que porte 2DFH ONG
au Forum Social Mondial 2026.