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Femmes, paix et sécurité en Afrique : une contribution sur les défis, les Revendications et les recommandations

Women Protection Organisation (WOPO) 14 July 2026 Francais

Cette contribution est le fruit d'un travail collectif mené par plusieurs des organisations co-organisatrices de l'activité https://fsm2026benin.org/activites/1747/ . Elle reflète, d'une certaine manière, l'avancement des échanges au sein du groupe qui a initié la discussion en mars 2026 avec cette activité publique en ligne : https://intersectionsglobal.net/fsmi/activites/245Femmes dirigeantes, artisanes de la paix, organisations de la société civile, actrices humanitaires, chercheuses, responsables communautaires, défenseures des droits des personnes handicapées et praticiennes du développement de toute l’Afrique, unies sous l’égide du Programme Femmes, paix et sécurité (FPS),peuvent réaffirmer leur engagement à bâtir une Afrique pacifique, inclusive, juste et prospère.Etre  Conscientes de l’impact disproportionné des conflits, de l’extrémisme violent, du terrorisme, des déplacements de population, de l’insécurité alimentaire et des crises humanitaires sur les femmes et les filles,  c’est aussi  reconnaitre que les femmes ne sont pas seulement des victimes des conflits, mais aussi des dirigeantes, des médiatrices, des négociatrices, des soignantes, des bâtisseuses de communautés et des agentes d’une paix durable indispensables.Les gouvernements africains, l'Union africaine (UA), la CEDEAO, l'Alliance des États du Sahel (AES), les Nations Unies, les partenaires au développement, les organisations de la société civile, les chefs traditionnels et religieux, et toutes les parties prenantes peuvent passer des engagements à des actions concrètes garantissant la participation, la protection, le leadership et l'autonomisation des femmes dans tous les processus de paix et de sécurité.LISTE DES PRINCIPAUX DÉFIS1. Participation limitée des femmes à la prise de décision en matière de paix et de sécuritéBien qu'elles supportent le plus lourd fardeau des conflits, les femmes restent largement sous-représentées dans les négociations de paix, les efforts de médiation, la gouvernance de la sécurité, la prévention des conflits, la reconstruction et la prise de décision politique.2. Mise en œuvre insuffisante du Programme « Femmes, paix et sécurité »Bien que de nombreux pays africains aient adopté le Programme « Femmes, paix et sécurité » et la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, sa mise en œuvre demeure inégale en raison d'un engagement politique insuffisant, de mécanismes de responsabilisation défaillants et d'un financement insuffisant.3. Violences sexistes et violations des droits humainsLes conflits continuent d'exposer les femmes et les filles au viol, à l'exploitation sexuelle, à la traite des êtres humains, aux mariages forcés, aux mauvais traitements, aux intimidations et à d'autres formes de violences sexistes, tandis que les survivantes n'ont souvent pas accès à la justice ni à la réadaptation.4. Sous-reconnaissance et sous-financement des femmes artisanes de la paixLes femmes artisanes de la paix continuent de jouer un rôle crucial dans la médiation, la réconciliation, l'aide humanitaire et le redressement communautaire. Pourtant, leurs contributions restent sous-reconnues, sous-financées et elles sont exclues des processus de paix officiels.5.

Protection insuffisante des femmes artisanes de la paix et défenseuses des droits humainsLes dirigeantes, journalistes, militantes pour la paix et défenseuses des droits humains continuent de subir des menaces, des représailles, du harcèlement et des violences en raison de leurs efforts de consolidation de la paix.6. Crise humanitaire et déplacements de populationLes conflits armés continuent d'aggraver les déplacements de population, les migrations, les besoins humanitaires et la vulnérabilité des femmes, des enfants, des personnes handicapées et des autres populations marginalisées.7. La souffrance silencieuse des veuvesDes milliers de veuves touchées par les conflits armés reçoivent peu d'attention malgré les graves difficultés émotionnelles, psychologiques, sociales et économiques auxquelles elles sont confrontées lorsqu'elles prennent soin de leurs familles.8. Insécurité alimentaire et destruction des moyens de subsistanceLes conflits ont perturbé l'agriculture, détruit les moyens de subsistance, déplacé les communautés agricoles, réduit la production alimentaire et intensifié la faim et la pauvreté en Afrique.9. Prolifération des armes légères, faiblesse de la sécurité aux frontières et extrémisme violentLa circulation illégale d'armes, la porosité des frontières, le terrorisme, le crime organisé et l'extrémisme violent continuent d'alimenter l'insécurité sur le continent.10. Changement climatique et pressions environnementalesLe changement climatique contribue de plus en plus aux conflits liés aux ressources, aux déplacements de population, à l'insécurité alimentaire et aux crises humanitaires.11. Exclusion des femmes handicapéesLes femmes et les filles handicapées restent largement exclues de la consolidation de la paix, de l'aide humanitaire, de la gouvernance, de l'éducation, du redressement économique et de la prise de décision, tout en étant confrontées à une discrimination et à des violences accrues.12. Autonomisation économique limitéeL’accès limité des femmes au financement, à la terre, aux marchés, à l’éducation, aux technologies, à l’emploi et à l’entrepreneuriat continue de compromettre la paix durable et la résilience.13. Collaboration régionale insuffisanteLa collaboration transfrontalière entre les femmes artisanes de la paix demeure insuffisante malgré la nature transnationale de l’insécurité en Afrique.LISTE DE RECOMMANDATIONS ET DEMANDES Nous demandons collectivement les actions suivantes :1. Garantir la participation effective et égale des femmes à toutes les négociations de paix, aux efforts de médiation, aux processus de réconciliation, au suivi des cessez-le-feu, aux réformes du secteur de la sécurité et au relèvement post-conflit, avec une forte représentation des femmes issues des communautés locales, des jeunes, des zones rurales, des communautés déplacées et des femmes handicapées.2. Mettre pleinement en œuvre le Programme « Femmes, paix et sécurité » et la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies par le biais d’une législation adéquate, de budgets dédiés et de mesures....indicateurs fiables, suivi indépendant et obligation de rendre des comptes au niveau institutionnel.3. Accroître le financement direct et pérenne des organisations locales dirigées par des femmes œuvrant pour la consolidation de la paix, l’action humanitaire, la prévention des conflits, la guérison des traumatismes et le relèvement.4.

Élaborer des mécanismes de protection juridique et institutionnelle robustes pour les femmes bâtisseuses de paix, les défenseuses des droits humains, les journalistes et les acteurs de la société civile contre l’intimidation, les représailles, la violence et le harcèlement.5. Renforcer les systèmes de prévention et d’intervention face à la violence fondée sur le genre, la traite des êtres humains, le mariage des enfants, les pratiques traditionnelles néfastes et toutes les formes d’exploitation, tout en garantissant des services de justice et de réhabilitation centrés sur les survivantes.6. Fournir une aide humanitaire accessible, inclusive (prenant en compte le handicap) et sensible au genre, incluant les soins de santé, le soutien psychosocial, l’hébergement, l’éducation, les services juridiques, la garde d’enfants et les opportunités de moyens de subsistance.7. Privilégier des programmes de soutien ciblés pour les veuves et les survivantes de conflits, axés sur l’autonomisation économique, la guérison des traumatismes, la protection sociale et le rétablissement des moyens de subsistance.8. Promouvoir l’autonomisation économique des femmes — notamment par un meilleur accès à la terre, au financement, aux marchés, à la formation professionnelle, aux opportunités numériques et à l’entrepreneuriat — en tant que stratégies essentielles de consolidation de la paix.9. Renforcer la gouvernance aux frontières et la coopération régionale pour lutter contre le trafic illégal d’armes, le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité transnationale organisée, tout en protégeant les droits humains.10. Exhorter l’Union africaine à renforcer son leadership continental en matière de paix et de sécurité, notamment en élaborant des cadres juridiques régionaux plus solides pour le contrôle des armes et la lutte contre la circulation illicite d’armes.11. Intégrer l’adaptation au changement climatique, la gestion des ressources naturelles, la protection de l’environnement et la résilience climatique dans les initiatives de consolidation de la paix, tout en garantissant le leadership des femmes dans ces efforts.12. Garantir l’inclusion des personnes en situation de handicap dans toutes les politiques, programmes, interventions humanitaires et structures de gouvernance relatifs au programme « Femmes, paix et sécurité », en respectant le principe « Rien pour nous sans nous ».13. Investir dans le développement du leadership, l’éducation civique, le mentorat et les programmes de consolidation de la paix destinés aux jeunes femmes, tout en favorisant un leadership intergénérationnel.14. Renforcer les réseaux régionaux et transfrontaliers de femmes bâtisseuses de paix afin de promouvoir la collaboration, l’échange de connaissances, la médiation, les systèmes d’alerte précoce et la prévention des conflits.15. Développer l’éducation à la paix, à la résolution des conflits, à l’égalité des sexes et à la responsabilité civique au sein des systèmes éducatifs à travers l’Afrique.16. Reconnaître, protéger et soutenir les femmes bâtisseuses de paix locales en tant que partenaires essentielles de la prévention des conflits, de la médiation, de la réconciliation, de l’action humanitaire et du développement durable. 17. Mettre en place une plateforme de femmes médiatrices africaines afin de renforcer la coordination, la médiation professionnelle, le mentorat et la réponse rapide aux conflits émergents.18.

Garantir une inclusion significative des femmes associées aux groupes armés dans les initiatives appropriées de dialogue, de consolidation de la paix, de réhabilitation et de réinsertion, le cas échéant.19. Encourager la création de mécanismes financiers innovants, y compris des propositions pour une Banque africaine de développement des femmes ou des instruments de financement continentaux similaires renforçant le leadership et la résilience économique des femmes.20. Promouvoir l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes grâce à une amélioration de la collecte de données, de la recherche, du suivi et de l'évaluation concernant les femmes, la paix, la sécurité, l'inclusion des personnes handicapées, l'action humanitaire et la prévention des conflits.CONSIDERATIONS FINALESIl ne peut y avoir de paix, de sécurité, de développement ou de prospérité durables en Afrique sans la pleine participation, la protection, le leadership et l'autonomisation des femmes.l'Union africaine, la CEDEAO, l'Alliance des États du Sahel, les Nations Unies, les gouvernements nationaux, les partenaires au développement, les organisations de la société civile, les organisations confessionnelles, les institutions traditionnelles, le milieu universitaire, le secteur privé et toutes les parties prenantes peuvent transformer les engagements en actions mesurables plaçant les femmes au cœur de la consolidation de la paix à travers l'Afrique.Une Afrique où les femmes sont reconnues non seulement comme des survivantes de conflits, mais aussi comme des architectes de la paix, de la justice, de la résilience et du développement durable.Pas de paix durable sans le leadership des femmes