Description
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Contexte : Au Bénin, les femmes assurent une part considérable des travaux agricoles — une étude de 2023 du Ministère de l'Agriculture (MAEP) situe leur présence comme actives à 46,9% dans le secteur, avec 15,7% d'entre elles cheffes de ménages agricoles, selon l'étude "Femmes et agriculture" publiée en avril 2023 au Bénin par la Direction de la Statistique agricole. À l'échelle régionale, environ 70% des femmes vivent en milieu rural, où elles effectuent 60 à 80% des travaux agricoles. Pourtant, l'accès à la propriété foncière reste extrêmement restreint : une experte en genre relève qu'au Bénin, alors qu'elles accomplissent 80% des tâches agricoles, ces femmes ne possèdent qu'1% des terres agricoles.
Cette exclusion foncière a un coût économique documenté : selon la Banque mondiale et la FAO, si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives (terre, crédit, engrais, technologies), elles pourraient augmenter de 20 à 30% les rendements de leur exploitation, avec un effet potentiel sur la sécurité alimentaire régionale. Or c'est précisément cet accès qui se referme davantage en période de choc climatique.
Justification et constat de terrain : F&D observe sur le terrain un mécanisme récurrent et peu documenté : lorsque le changement climatique provoque de mauvaises récoltes, les femmes agricultrices s'endettent auprès d'institutions de microfinance pour compenser la perte. Lorsqu'elles ne peuvent rembourser, les conjoints s'approprient les terres et les récoltes restantes — une double dépossession qui transforme un choc climatique en violence économique et conjugale. Ce mécanisme reste largement invisible dans les données officielles, qui documentent l'impact climatique sur l'agriculture mais rarement la chaîne de violence économique intra-foyer qui en découle.
Objectifs : (1) Rendre visible et documenter ce mécanisme dette-dépossession-violence à partir de données existantes et de témoignages de terrain ; (2) Mettre en dialogue expertise foncière, agroécologie et lutte contre les VFF ; (3) Formuler des recommandations concrètes pour sécuriser l'accès des femmes à la terre et au crédit en contexte climatique.
Déroulement (2h) : Cadrage chiffré et contextuel (15 min) ; interventions croisées de panélistes — Women Empowered (accès à la terre), EKOLODJIA/JVE RCI (agroécologie et résilience), F&D (VFF et violence économique) (60 min) ; échanges avec la salle (35 min) ; synthèse et pistes de plaidoyer (10 min).
Résultats attendus : Une note de plaidoyer conjointe documentant le lien dette climatique-violence économique ; des recommandations transférables sur la sécurisation foncière des femmes rurales ; un réseau élargi entre organisations travaillant sur terre, agroécologie et VFF dans plusieurs pays.